Les animateurs de l'atelier d'écriture 2003-2004
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Patrick Carle

         Comment suis-je arrivé à l’animation d’ateliers d’écriture? C’est en Italie que tout a commencé, à la Faculté de Lettres de l’Université de Turin. Et tout simplement  parce  que l’enseignement de l’écrit que nous offrions ne nous donnait pas entière satisfaction. D’ailleurs nos étudiants considéraient souvent qu’écrire, du moins en français, était un véritable pensum se limitant au respect de règles de grammaire et d’orthographe complexes.

         L’idée que l’on pouvait aborder le problème différemment, qu’écrire devait  être perçu comme un plaisir et que ce plaisir pouvaient faciliter la lecture des textes littéraires en mettant les étudiants “en situation”,  incita deux de mes collègues à créer un atelier de lecture et d’écriture. J’ai participé bien vite à cette expérience qui était une occasion supplémentaire de s’approprier le français et d’en faire un terrain de jeu et d’exploration.

 

         L’atelier se veut  donc un lieu de découverte où  lire et écrire sont intimement liés. L’on y suggère des lectures variées,  on se propose de flâner dans la littérature. Certains écrivains nous intéressent  particulièrement parce que leurs textes sont aussi des réflexions sur l’écriture qui incitent à écrire soi-même. Des auteurs comme Queneau, Ponge, Michaux, mais bien d’autres aussi, nous ouvrent des portes en nous invitant à inventer, à sortir de nos habitudes, à considérer l’écriture comme un domaine où tout n’est pas réglé une fois pour toutes. En outre, le plaisir de lire, la découverte de textes, nous donnent à réfléchir sur l’écriture et à adopter un regard critique sur nos propres productions, à les retravailler  non seulement en vue d’une amélioration linguistique, mais  aussi d’une meilleure adéquation aux objectifs proposés.  

 

         Toutefois, si  la recherche d’auteurs qui se prêtent à l’invention d’un atelier  reste pour moi fondamentale, elle n’exclut pas pour autant l’utilisation d’autres déclencheurs, que ce soient la peinture, la photo, la musique, les nouvelles technologies, et elle intègre aussi des expériences comme l’écriture automatique.

 

         Par ailleurs, il est souvent intéressant de susciter une réflexion sur le travail accompli, un retour sur le cheminement de l’écriture. Il s’agit de mieux comprendre le passage du travail prescrit (les consignes de production) au travail réel qui aboutit au texte. Écrire est une démarche complexe, qui met en oeuvre un ensemble hybride de savoirs et de savoir-faire, de tâches à accomplir et de réflexion sur ces tâches. Loin de concevoir l’écriture comme un don, le mot même atelier nous pousse à la penser comme un travail réel où la personnalité de chacun s’affirme.

 

         Ce mot signifie une expérience de l’écriture dans un groupe à partir des outils proposés pour que l’écriture se mette en mouvement. L’idée d’atelier veut que le travail se fasse ensemble, que chacun apporte quelque chose au groupe et que la langue, comme le fer du forgeron, soit un matériau que tout le monde peut travailler et que chacun utilisera à sa façon, mais surtout qu’il faut se mettre à l’ouvrage car, comme le dit Queneau, “C’est en écrivant qu’on devient écriveron”.

   

 

 

 

 

Alice Gilles

 

 

Page nue

  Sur des terres d’ailleurs

  Aube exilée

  Entre deux rives

  Battements sauvages

  Incertains

Une ombre passe là

Qui ne vous connaît pas

                                Atelier


© Alice Gilles

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