LE CONTE

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TRAVAILLER À PARTIR D’UN GENRE LITTÉRAIRE

 

Suivre une suggestion de réécriture d’un conte à partir d’un extrait de Djinn- Un trou rouge entre les pavés disjoints de A. Robbe-Grillet, Minuit, 1981, pp.51-54.

 

            Autrefois, il y a bien longtemps, dans le beau royaume de France, un robot très intelligent, bien que strictement métallique, rencontra dans un bal, à la cour, une jeune et jolie dame de la noblesse. Ils dansèrent ensemble. Il lui dit des choses galantes. Elle rougit. Il s’excusa.

            Ils recommencèrent à danser. Elle le trouvait un peu raide, mais charmant sous ses manières guindées, qui lui donnaient beaucoup de distinction. Ils se marièrent dès le lendemain. Ils reçurent des cadeaux somptueux  et partirent en voyage de noces...

            La jeune mariée, qui s’appelait Blanche, pour compenser, parce qu’elle avait des cheveux très noirs, la jeune mariée, disais-je, était naïve, et elle n’aperçut pas tout de suite le caractère cybernétique de son conjoint. Cependant, elle voyait bien qu’il faisait toujours les mêmes gestes et qu’il disait toujours les mêmes choses. Tiens, pensait-elle, voilà un homme qui a de la suite dans les idées.

            Mais, un beau matin levée plus tôt que de coutume, elle le vit qui huilait le mécanisme de ses articulations coxo-fémorales, dans la salle de bains, avec la burette de la machine à coudre. Comme elle était bien élevée, elle ne fit aucune remarque. À partir de ce jour pourtant, le doute envahit son cœur.

            De menus détails inexpliqués lui revinrent alors à l’esprit. Des grincements nocturnes, par exemple, qui ne pouvaient pas vraiment provenir du sommier, tandis que son époux l’embrassait dans le secret de leur alcôve, ou bien, le curieux tic-tac de réveille-matin qui emplissait l’espace autour de lui.

            Blanche avait aussi découvert que ses yeux gris, assez inexpressifs, émettaient parfois des clignotements, à droite ou à gauche, comme une automobile qui va changer de direction. D’autres signes encore, d’ordre mécanique, finirent par l’inquiéter tout à fait.

            Enfin, elle acquit la certitude d’anomalies plus troublantes encore, et véritablement diaboliques : son mari n’oubliait jamais rien ! Sa stupéfiante mémoire, concernant les moindres événements quotidiens, ainsi que l’inexplicable rapidité des calculs mentaux qu’il effectuait chaque fin de mois quand il faisaient ensemble les comptes du ménage, donnèrent à Blanche une idée perfide. Elle voulut en savoir davantage et conçut alors un plan machiavélique pour parvenir à savoir quelle était la vraie qualité des sentiments de son mari.

            Parmi toutes les anomalies rapportées, il y en avait une qui l’inquiétait au point de l’accabler ; elle avait remarqué qu’elle n’avait jamais vu pleurer son mari. L’idée d’être marié avec un robot, comme elle l’avait deviné d’après toutes ses recherches, ne lui déplaisait pas, ce qu’elle ne supportait pas c’était l’idée de partager le reste de sa vie avec un être incapable de montrer des sentiments, même de faiblesse, surtout et parfois de faiblesse.

            Alors elle se proposa de le faire pleurer. Et elle commença par lui ordonner de faire une tâche très simple. Un jour, elle se leva très tôt le matin et s’en alla au marché chercher des oignons. Elle en acheta cinq kilos. En arrivant à la maison, elle appela son mari et lui demanda de l’aider à couper ces oignons. Son mari, toujours fidèle à sa nature robotique, obéit à l’instant. Elle n’avait pas encore commencé que son mari avait déjà coupé presque la moitié des oignons. Elle regarda attentivement l’expression de son visage, qui restait imperturbable. Tiens, tu as déjà terminé et moi je n’ai fait que commencer – lui dit elle – avec un air distrait qui ne cachait pas la déception qu’elle ressentait. Son mari, la voyant pleurer comme une Madeleine, lui tendit un mouchoir.

 

            La nuit de ce même jour, décidée à ne pas se laisser décourager facilement, elle conçut un autre plan. Ayant enregistré auparavant un film bien larmoyant, elle appela son mari pour qu’ils le voient ensemble. Après les dix premières minute, elle prit un mouchoir elle-même, incapable de contenir le torrent de larmes qui l’agitait. Son mari, au contraire, restait impassible.

            Elle comprit finalement que son amour était impossible et avec ses yeux encore pleins de larmes, elle monta l’escalier pour aller faire ses valises. Son mari la suivait. Quand elle eut fini, elle se retourna et avec un regard dur lui dit : «  Je m’en vais, notre amour est impossible. Ne me suis pas, ne rend pas les choses plus difficiles. »

            Le robot, toujours obéissant, resta immobile en la voyant partir et, à voix basse, entre ses larmes, commença à répéter très doucement : « Ne me quitte pas, ne me quitte pas, ne me quitte pas. »

 

                                   Maria José

 

CONTE POUR LA PETITE MARIE

 

...elle voulut en savoir davantage et conçut alors un plan machiavélique...

 

            D’abord Blanche qui ne posait jamais de questions surprenantes à son mari, commença à le faire, lui demandant par exemple s’il préférerait ajouter de l’huile à la salade, ou bien s’il aimerait mieux prendre des lentilles au petit déjeuner à cause de leur richesse reconnue en fer. Comme il manifestait son approbation à ces modifications culinaires, Blanche pensa qu’elle aussi aimait bien ajouter de l’huile dans la salade et manger des lentilles le matin, donc rien n’était démontré; elle devait passer à la deuxième épreuve de son plan.

 

            Elle proposa donc à son mari d’aller visiter une vieille usine abandonnée toute proche de pièces classiques de machines à laver. Il démontra un tel enthousiasme à cette idée qu’elle pensa que l’épreuve serait concluante, mais quand ils y allèrent, elle apprécia tellement cette visite qu’elle trouva l’enthousiasme de son mari très raisonnable; encore une fois, rien n’était démontré, mais il y avait une troisième épreuve si convaincante qu’elle ne pouvait pas rater à nouveau.

 

            En effet, elle demanda finalement à son mari d’une façon directe et inattendue: “Cher Bobie, est-ce que tu me trouves assez attirante?” Et quand il lui répondit sans aucune hésitation: “Oui”, elle en fut vraiment sûre: son mari était un robot mais cela n’était pas un problème. Le problème, c’était qu’elle n’avait pas su la vérité à temps: elle était une robottine!

 

            Il s’agissait alors d’en profiter à partir de maintenant: ils se remarieraient à la façon cybernétique et ils fabriqueraient beaucoup de petits robots.

 

                       Elena


                                                             

LE  ROBOT

(………..)

Elle le démasquerait.

            Elle proposa à son mari de faire un voyage; elle obtint différentes brochures qui proposaient  des voyages spatiaux si à la mode à cette époque-là, et même des voyages en Polynésie.

            Elle convainquit son mari de l’attrait d’un voyage sur la Lune.  Le jour du voyage arrivé, ils partirent vers l’aéroport  direction Houston. Une fois les bagages enregistrés, ils se disposèrent à embarquer. Son mari passa le contrôle sans aucun problème, c’était un robot d’avant-garde fait d’un alliage indétectable  aux  rayons X.

            Elle devint perplexe, ses doutes se dissipèrent et les remords envahirent son cœur. Elle décida d’oublier  toutes ses craintes et de  profiter d’un voyage passionnel sur la Lune.

            Ils s’embarquèrent dans une petite navette biplace. Le lancement se passa très bien et la petite fusée se détacha comme il fallait, mais quand la navette s’approcha de la Lune, l’insensible métal du robot  neutralisa la gravitation nécessaire pour alunir et la petite navette avec ses deux passagers fut condamnée à  flotter dans l’espace pour toujours.

 

                                                                                  Cristina

 

                                  

 

Variations sur trois contes : Azraël  tiré de J. Muzi, Contes du monde arabe, Flammarion, 1983, Le Pou tiré de M.Bloch, 365 contes pour tous les âges, Hatier,1986 et L’Apprenti veilleur tiré de H. Pourrat, Le Trésor des contes, Gallimard, 1959.

 

AZRAËL

 

 

            Un homme avide lutta des années durant et, au prix d’un travail forcené qui l’occupait jour et nuit, amassa cinq cent mille dinars. La valeur de ses propriétés dépassait cent mille dinars. Et il possédait en pièces une somme équivalente qu’il avait enfouie dans son jardin.

            Un matin, il considéra sa fortune et réalisa qu’il pouvait cesser de travailler. Il se dit alors: “Je vais me reposer et jouir de ce que je possède. S’il advenait que je dépense tout mon argent pour me nourrir et me vêtir, je pourrais toujours reprendre une de mes anciennes activités”.

            Il commençait à peine à se reposer et à jouir des plaisirs de la vie, lorsque lui apparut Azraël. l’ange de la mort, qui venait le chercher.

            - J’ai passé une grande partie de ma vie, gémit l’homme, à lutter et à travailler. Je souhaiterais pouvoir profiter un peu de mes biens. Est-il juste que je meure privé du fruit de mon labeur?

            Azraël ne prêta aucune attention à ses paroles et se prépara à l’emmener.

            - Puisqu’il en est ainsi, reprit l’homme, je te donnerai deux cent mille dinars si tu m’accordes trois jours de répit. Sois indulgent. Tu pourras ensuite faire ce que tu veux.

            Mais l’ange de la mort resta sourd à sa proposition et souffla sur la chandelle de la vie.

            - Donne-moi seulement deux jours, poursuivit l’homme, et tu disposeras de quatre cent mille dinars.

            Azraël n’accorda pas non plus ce répit et l’homme lui proposa alors cinq cent mille dinars pour gagner un seul jour. L’ange de la mort ne céda pas et le pauvre homme réalisa qu’il ne bénéficierait d’aucun sursis.

            - Je te demande, dit-il désespéré, de me permettre au moins d’écrire un mot.

 

            Azraël, qui n’avait jamais connu un type aussi obstiné, pensa qu’il serait plus facile de lui laisser écrire ce mot que de continuer à l’écouter pleurnicher constamment. Alors Azraël acquiesça.

            Or l’homme, occupé à travailler et à amasser son immense fortune, n’avait pas eu le temps d’apprendre à écrire.

            L’ange, de son côté, avait été aussi occupé toute sa vie à emmener les gens de la vie à la mort et n’avait donc aucune idée du temps et des efforts qu’il fallait pour apprendre à écrire.

            C’est pour tout cela que le type, obstiné et aussi sage, arriva à convaincre la mort de la nécessité de suivre un atelier d’écriture. Une fois qu’il commença l’atelier, le reste fut très facile: être sympathique et peu habile, corrompre les professeurs...

            Après quelques années d’attente, il rappela Azraël; il était prêt à partir (il avait quatre-vingt-neuf ans).

 

            Alors l’homme écrivit (aucune larme de sang): “Mes petits-enfants, j’étais prêt à donner cinq cent mille dinars à Azraël pour quelques heures de vie. Mais mes marchandages n’ont servi presque à rien. La vie est précieuse, appréciez-la à sa juste valeur et ne la perdez jamais à amasser d’inutiles richesses dont vous ne profiterez guère”.

            L’ange de la mort, qui commençait à s’impatienter, l’interrompit alors et, finalement, l’emmena.

 

                                               Elena

 

 

            - Donne-moi seulement deux jours, poursuivit l’homme, et tu disposeras de quatre cent mille dinars.  Tu pourras ainsi acquérir un système électronique et tu n’auras plus besoin de souffler pour éteindre les bougies de la vie.

            Azraël n’accorda pas non plus ce répit et l’homme lui proposa alors cinq cent mille dinars pour gagner un seul jour. L’ange de la mort ne céda pas et le pauvre homme réalisa qu’il ne bénéficierait d’aucun sursis.

            - Je te demande, dit-il désespéré, de me permettre au moins d’écrire un mot et il demanda deux papiers..

            Azraël acquiesça.  Alors l’homme écrivit dans l’un des papiers avec des larmes de sang: « Mes enfants, j’étais prêt à donner cinq cent mille dinars à Azraël pour quelques heures de vie. Mais mes marchandages n’ont servi presque à rien. La vie est précieuse, appréciez-la à sa juste valeur et ne la perdez jamais à amasser d’inutiles richesses dont vous ne profiterez guère ».

            Ensuite, dans l’autre papier, l’homme rédigea son testament en ces termes: «  Si tant est que je sois un homme qui ne peut plus être favorisé par la capricieuse Fortune, malheureusement, et, en plus de cela, comme je ne suis pas pressé de passer dans l’autre monde, je dispose que la quantité d’argent qui me reste passe à la Fondation Azraëlienne pour que l’on construise une énorme et mystérieuse maison où l’on nourrira les nombreux orphelins que mon respectueux ange répartit sans répit de par le monde. »  L’ange de la mort, qui commençait à s’impatienter, l’interrompit alors et l’emmena vers une aire de repos pour y traiter de sa fondation. Cependant, il  l’avertit de ne pas se faire trop d’illusions.

 

Lola

 

AZRAËL

 

            Un homme avide lutta des années durant et, au prix d’un travail forcené qui l’occupait jour et nuit, amassa cinq cent mille dinars. La valeur de ses propriétés dépassait cent mille dinars. Et il possédait en pièces une somme équivalente qu’il avait enfouie dans son jardin.

            Un matin, il considéra sa fortune et réalisa qu’il pouvait cesser de travailler. Il se dit alors : «Je vais me reposer et jouir de ce que je possède. S’il advenait que je dépense tout mon argent pour me nourrir et me vêtir, je pourrais toujours reprendre une de mes anciennes activités ».

            Il commençait à peine à se reposer et à jouir des plaisirs de la vie, lorsque lui apparut Azraël, l’ange de la mort, qui venait le chercher.

-     J’ai passé une grande partie de ma vie, gémit l’homme, à lutter et à travailler. Je souhaiterais pouvoir profiter un peu de mes biens. Est-il juste que je meure privé du fruit de mon labeur ?

 

Azraël ne prêta aucune attention à ses paroles et se prépara à l’emmener.

-     Puisqu’il en est ainsi, reprit l’homme, je te donnerai deux cent mille dinars si tu m’accordes trois jours de répit. Sois indulgent. Tu pourras ensuite faire ce que tu veux.

 

Mais l’ange de la mort resta sourd à sa proposition et souffla sur la chandelle de la vie.

 

-     Donne-moi seulement deux jours, poursuivit l’homme, et tu disposeras de quatre cent mille dinars.

 

Azraël n’accorda pas non plus ce répit et l’homme lui proposa alors cinq cent mille dinars pour gagner un seul jour. L’ange de la mort ne céda pas et le pauvre homme réalisa qu’il ne bénéficierait d’aucun sursis.

 

-     Je te demande, dit-il désespéré, de me permettre au moins d’écrire un mot.

 

Azraël acquiesça. Alors l’homme écrivit avec des larmes de sang : « Mes enfants, j’étais prêt à donner cinq mille dinars à Azraël pour quelques heures de vie. Mais mes marchandages n’ont servi à rien. La vie est précieuse, appréciez-la à sa juste valeur et ne la perdez pas à amasser d’inutiles richesses dont vous ne profiterez guère. »

 

L’ange de la mort, qui commençait à s’impatienter, l’attrapa pour l’emmener. À ce moment là, on commença à apercevoir une sphère lumineuse à l’horizon. À l’intérieur, on  distinguait une figure dont les traits étaient humains à l’exception de deux grandes ailes qui ornaient ses épaules.

 

L’ange de la mort, en la voyant, fit semblant de courir mais son effort devint inutile car la figure céleste les rattrapa, lui et l’homme.

 

-     Arrêtez-vous tous les deux – dit-il avec autorité.

-     Ce ne sont pas tes oignons- lui répondit Azraël, qui paraissait bien le connaître.

-     Il faudrait voir ça! - dit l’inconnu avec conviction.

-     C’est qui cet homme si bon ? - arriva à prononcer l’homme totalement stupéfié.

-     Moi, je m’appelle Perendaël, je suis l’ange de la vie et je suis là pour te rendre justice.

-     Tu es là pour nous emmerder comme d’habitude! – dit Azraël oubliant de garder ses bonnes manières.

-     Cet homme doit avoir la possibilité de retrouver la vie- continua Perendaël sans se laisser impressionner.

-     Et pourquoi, si je peux  savoir ? - demanda Azraël.

-     Parce qu’il a fini par comprendre le vrai sens de la vie et tu sais très bien que tu ne peux emmener personne dans ces circonstances, selon l’accord conclu au cours de la dernière réunion au sommet entre nos dirigeants.

 

Azraël, comprenant la difficulté de son entreprise, laissa tomber et disparut à l’instant.

 

L`homme se trouvant tout seul avec Perendaël s’agenouilla et tout à fait ému lui dit :

 

-     Je vous remercie mon ange.

-     Il va vous falloir un petit peu plus que ça, - répondit Perendaël sortant de sa poche une petite machine à calculer …

 

                                                                                                              Maria José

 

 

AZRAËL              

 

             Ce jour-là, il avait eu beaucoup de travail;  il avait  pris la vie d’une vieille dame, d’un nourrisson, d’un jeune cycliste et d’un douanier. Il était si fatigué qu’il n’avait pas envie de discuter. L’avare profita de l’inattention de l’ange quand il dodelina de la tête pour s’échapper.

Il courut jusqu’au marché, qui ce jour-là était bondé, donna quelques dinars à un conducteur de chameaux pour ses vêtements, se déguisa et partit pour le désert. Là, il trouva un campement de nomades qui habitaient dans de mauvaises conditions. Il leur donna sa fortune et,en échange, il le laissèrent habiter avec eux.

            Mais l’ange de la mort ne connaissait presque pas la faiblesse et, après une petite sieste, il se mit à chercher l’avide. Aussitôt qu’il l’eut trouvé, et cette fois sans rémission, il mit fin à ses jours d’un coup.

 

                                               Cristina

 


                                                                              L E    P O U

(………………..)

 

            Le jour de l’épreuve, tous les sujets du royaume se trouvaient dans la cour du palais et , dans la grande salle , le roi était assis sur son trône. Les gens défilaient devant  lui  pour lui donner leur réponse.

            Le prince ami de la princesse était déguisé en charbonnier. Il voulait réussir l’épreuve pour se marier avec la fille du roi. Personne ne savait que la vieille  femme de chambre de la princesse avait donné  en cachette la bonne réponse au prince.

            Des mendiants, des plombiers, des maçons, des paysans, des politiciens et avec ces derniers des saltimbanques  et des clowns passaient chacun à leur tour. Personne ne devina la réponse.

 

                                                                                                                      Cristina

 

 

            ............. Il avait fait enfermer sa fille dans une tour pour qu’il ne pût pas la voir.

 

            Néanmoins, le roi ne put jamais imaginer à quel point son ordre était vain. En effet, la sentinelle de garde devant la lourde porte de la tour était précisément un pauvre parent éloigné du prince. Les amoureux purent donc s’envoyer de longues lettres vraiment passionnées, bien sûr!     et le prince apprit facilement le secret.

            Le grand jour arriva bien vite, une journée si chaude que personne ne se souvenait d’en avoir connu de pareilles. La princesse affaiblie, mais élégante et belle comme à l’accoutumée, était assise à côté de son père, sous la surveillance rigoureuse de sa tante.

            La porte principale s’ouvrit aux candidats et, peu de temps après, le grand salon était comble. Quelques-uns firent des remarques sur la maigreur de la belle princesse.

            Parmi la foule, c’était le gardien du secret, un charbonnier souriant qui était habillé comme il se doit grâce aux vieux vêtements d’un charbonnier emprisonné dans la tour dont je vous parlais auparavant.  

            Soudain on entendit: Silence, silence! Et tous réagirent à l’instant. Bientôt, dans le grand salon, on n’entendrait pas même le vol d’un pou. Rapidement, les aspirants s’approchèrent du roi et de sa fille, chacun à leur tour: quelques mendiants en guenilles, un gros pâtissiers, trois boulangers sympathiques, un poète triste, quelques croquants, un forgeron muet, deux luthiers, si je me souviens bien. Cependant, personne ne devinait, bien que l’un d’eux faillit  lorsqu’il proposa:

 

- Est-ce de la  peau de morpion?

            En toute logique, la princesse sursauta en l’entendant.

 

            Enfin vint le tour du charbonnier .......

 

                                                                                              Lola


                                                              

L’APPRENTI VEILLEUR OU LE  CORDONNIER  INTRÉPIDE

 

 

            Il était une fois un petit village dont le cordonnier était célèbre pour son  zèle excessif. Il ne vivait que pour travailler.

            Son atelier était situé à côté de la taverne du village et quand les gens passaient devant la porte du cordonnier, ils se moquaient de lui qui  travaillait sans lever le pied.

            Un beau jour, quelques hommes du village ont décidé de lui faire une blague. L’un d’entre eux  était spécialement fâché avec le cordonnier, car il habitait au-dessus de son atelier et le bruit du marteau  l’empêchait de dormir pendant la nuit…..

            Alors, ils ont tramé un plan -Oh, la, la, c’était mortel ! -dont le voisin du charbonnier jouerait le rôle principal. Ils ont informé le cordonnier que son voisin était mort et vu qu’il n’avait pas de famille, les voisins allaient le veiller et le  charbonnier  prendrait son tour pendant la nuit.

 

(………………….)

                                                                                  Cristina

                       

PARODIE

 

LE PETIT CHAPERON BOITEUX

 

            Il y a quelque temps, quand ma petite nièce était encore plus petite, j’ai été presque obligée de réinventer l’histoire du Petit Chaperon Rouge, puisqu’elle ne savait pas bien prononcer “Caperucita Roja”. Elle disait toujours “Caperucita Coja”. C’est pour ne pas contredire ma chère nièce que je lui ai raconté l’histoire du Petit Chaperon Boiteux.

            Il était une fois, une petite fille boiteuse qui s’habillait toujours avec un chaperon rouge et qui avait l’habitude de porter des galettes à sa grand-mère en traversant la forêt.

            On peut bien imaginer qu’elle était une proie tellement facile pour le loup que celui-ci n’avait plus besoin d’aller chez la grand-mère, ni de la manger, ni de se déguiser en vieille dame, ni de répondre à l’interrogatoire de la petite fille sur ses bras, ses jambes, ses oreilles, ses yeux... et tous ces détails intimes que personne n’est obligé de fournir à n’importe qui.

            En effet, une petite boiteuse était si lente que le loup pouvait l’attraper facilement pendant sa promenade dans la forêt. Mais, comme le loup n’aimait plus les travaux simples, il ne l’a jamais attaquée.

            Moi, je ne suis pas arrivée à comprendre pourquoi ma nièce n’a pas aimé cette version du conte. Au moins, elle riait toujours aux éclats et disait, pendant que je boitais pour trouver l’inspiration en même temps que je lui racontais mon histoire: “ma tante est un peu folle.”

 

                                   Elena

 

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