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EXERCICES DE STYLE à la manière de Queneau
VARIATIONS SUR UN MÊME THÈME
NOTATIONS
Au marché, pendant la matinée. Une vieille dame, écharpe en tricot de plusieurs couleurs vives jurant entre elles, visage rouge comme si quelqu’un lui avait soufflé un air trop chaud. Les marchands font leur travail. La dame en question hurle contre une autre dame. Elle lui fait remarquer qu’elle était à cet emplacement avant son arrivée. Voix dissonante qui se veut ridicule. Comme elle voit qu’à côté il n’y a personne, s’en va tout d’un coup.
Deux heures après, je l’aperçois Place de Rome, aux balançoires. Elle est avec une petite fille qui lui crie:”Mamie, accompagne-moi au toboggan!”. Elle lui montre du doigt lequel (celui d’en face) et quoi faire.
RÉCIT
Ce jour-là, à dix heures du matin, au marché des “Montenses”, devant l’emplacement d’une boucherie où il y avait quelques clients attendant leur tour, j’aperçus une vieille dame au visage rouge qui portait une écharpe tricotée de plusieurs couleurs très vives et mal assorties. Cette dame hurla contre une autre, prétendant que celle-ci voulait être servie avant son tour et lui criant qu’elle était avant elle. Comme à l’emplacement d’à côté, il n’y avait personne, la vieille dame interrompit cette conversation en s’y rendant.
Deux heures plus tard, je la revis au parc, près des balançoires, Place de Rome, jouant avec une petite fille qui lui demandait de l’accompagner au toboggan d’en face pour la rattraper.
EXPRESSIONS TOUTES FAITES
Au marché, à l’heure de faire la cuisine, une vieille dame qui a déjà pris de la bouteille, avec une écharpe de plusieurs couleurs qui ne ménagent pas la chèvre et le chou et un visage rôti, attendant d’être servie devant l’emplacement d’une boucherie, rentre dans le chou d’une autre dame aussi vieille qu’un croûton qui fait ses choux gras du manque d’attention des autres clients. Les deux dames commencent à bouillir tandis que le boucher essaie de couper la poire en deux en servant une troisième dame. Comme il leur a tapé sur le haricot, la première s’en va en cassant du sucre sur le dos de la deuxième.
Elena MARITIME
À 19 heures au compas, face à l’écoutille de poupe du théâtre, un peu avant que la représentation ne lève l’ancre. Deux passagères d’un navire de cabotage arborant le grand pavois, mais sur le point de passer en réserve. Les passagers s’alignent pour passer la barre. Elles abordent deux mousses à tribord.. Elles les accusent, avec des voix de salves de canon, de resquiller et d’avancer au vent. Elles aperçoivent un espace libre et , toutes voiles dehors, réussissent à arriver au port.
Après, à 10 minutes au cadran solaire, elles mettent le cap au sud vers Lhardy, où elles accostent à côté d’une passagère aguerrie qui les encourage à la traversée.
Cristina
Dans un village, un mois quelconque. Une demoiselle d’environ dix-huit ans, aux cheveux carotte, aux oreilles d’éléphant et au nez aussi effilé qu’un couteau à jambon. La foule regarde. La demoiselle se met en colère avec un serveur. Elle lui dit qu’elle en a marre qu’il la regarde sans arrêt. Des regards de travers qui expliquent les rires. En colère, elle s’éloigne. Trois ans plus tard, je la revois à Madrid, à côté de la Place de Neptune. Elle est avec une amie qui lui dit: « Tu dois faire quelque chose pour ton nez. ». Elle la regarde fixement et lui dit pourquoi.
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